Un nénuphar dans ma baignoire

Un nénuphar dans ma baignoire Spectacle tout public

Création 2019.

Une immersion fantasque et pique.

« C’est l’histoire d’un plongeon dans un bénitier ».
« C'est l'histoire d'une contradiction née ».
« C'est l'histoire d'une rencontre entre les vivants et les morts ».
« C'est l'histoire d'un fou et d’une psychose ».
« C’est l’histoire de Mémé emportée par la Mer Morte. ».
« C’est une histoire où l’on boit la tasse "

« C'est une tragédie ».

De et avec Emilie Pirdas
Mise en scène Dimitri Hatton

Emilie :


Dans le spectacle, je m’interroge et interroge le public sur l’essence même de notre existence, sur l’absurdité de situations réelles et tragiques, sur la mort, le deuil, ce qu'on appelle la maladie mentale, la notion d'identité, la question du genre et la filiation.
Je rassemble des morceaux de ma vie éparpillée. Je déverrouille la réalité.
« Voyager c'est se chercher. Le voyage est une épopée. L’épopée est mythologique ».

Note de Dimitri Hatton


Avec « Un nénuphar dans ma baignoire », Emilie Pirdas entame un travail autour d’une écriture de l’intime.
Il s’agit de puiser dans ses propres souvenirs, de jouer de leur caractère fragmentaire, instable, mouvant pour créer un espace suggestif au sein duquel passé et présent cohabitent, concret et imaginaire s’emmêlent jusqu’à se fondre l’un dans l’autre. Faire se confondre vie et oeuvre, réalité et représentation se relayant constamment -la réalité la plus factuelle, la plus documentaire n’étant elle-même jamais qu’une forme de représentation.

Ce projet m’intéresse donc avant toute chose pour la richesse d’exploration de cet imaginaire de l'intime qu’il propose, et pour la vision poétique et décalée qu’il veut en donner.
Le rire ne sera jamais loin, le temps confère aux évènements du passé cette distance et cette douceur salutaire qui autorise la dérision, le décalage. L'art burlesque permet ce décalage, cette poétisation des actes et des événements par le rire sans rien leur faire perdre de leur importance, de leur nature tragique.

Carnet de bord :


Extraits.

La Poussée D’Archimède

« Comme vous le voyez, l'eau salée est beaucoup plus dense que l'eau claire. Le corps humain a une densité tout juste supérieur à celle de l'eau. C'est pourquoi, dans la Mer Morte, extrêmement salée, personne ne se noie.
Sauf, ma grand-mère. Il faut dire qu'elle a toujours été rebelle, mais de là a mettre en porte à faux le théorème de son compatriote Archimède. Comment expliquer cet accident ?


Mémé :

Mémé s’est noyée dans la mer morte. Mémé se tient debout face à la mer. Le sable est blanc ici, il fait chaud. Elle fume une dernière cigarette. Elle enlève ses lunettes noires. Laisse tomber son peignoir rose sur le sable brûlant, et se glisse dans le lac. Le sel mord sa peau. Sur le dos, elle regarde le ciel et se laisse flotter comme un nénuphar.

Mémé: Je suis fatiguée, c’est trop lourd.

Emilie : Le sel couvre son corps. La mer avale mémé. Elle rejoint les poissons, morts. La cigarette se consume encore sur le sable, juste à coté de son peignoir. Il reste une dernière trace de son rouge à lèvre sur le mégot. Mémé, c'est mystère sur un bout de papier froissé, sorcière que j’apercevais en plein été à travers les persiennes à moitié fermées, elle marque mon enfance de son empreinte.

Crédit photo : Olivier Bareau
Compagnie Un Poisson En Avril 2017 - 2018